Vous les avez suivi toute la saison avec leurs victoires, leurs défaites, leurs déceptions, leurs éclosions, leurs difficultés. À moins d’un mois du début de la préparation estivale des Bleus, l’heure est venue de faire un bilan complet de la saison de chaque international mais aussi des perspectives d’avenir.
Sa saison sur le plan collectif : New Orleans aura montré de belles choses cette saison dans la lignée d’un Anthony Davis en pleine éclosion. À la lutte jusqu’aux derniers instants de la saison régulière avec Oklahoma City, les hommes de Monty Williams ont même décroché leur billet pour les Play-Offs. Une post-saison où les Pelicans n’auront pas fait le poids face aux Warriors, futurs champions NBA, s’inclinant 4-0.
Sa saison sur le plan individuel : Alexis Ajinça aura davantage été utilisé dans un rôle de doublure, étant même très (trop?) souvent cantonné à disputer que quelques minutes dans les matchs voire à rester sur le banc. Et pourtant, le stéphanois aura su tirer son épingle du jeu sur quelques rencontres (22 points à Toronto en janvier, 16 points et 14 rebonds à Philadelphie en janvier, 24 points face à Miami en février, 13 points et 12 rebonds à Dallas en mars, etc). Durant les Play-offs, le géant stéphanois aura très peu joué.
Son avenir : Le stéphanois a aujourd’hui même annoncé sa prolongation pour 4 ans à New Orleans. Mais avant toute chose, le Pelican rêve de s’envoler avec les Bleus en direction de l’Euro hexagonal.
Sa saison sur le plan collectif : Portland a débuté la saison sur les chapeaux de roue. Longtemps en tête à l’Ouest, les Blazers impressionnaient et se posaient en outsiders crédibles pour les premières places de la Conférence (voire un peu plus). Et puis vint la blessure de Wesley Matthews qui aura fait énormément de mal aux hommes de l’Oregon. Terminant 4e à l’Ouest (au jeu des titres de divisions), les Blazers n’auront pas fait le poids au premier tour de Play-offs, battus 4-1 par Memphis.
Sa saison sur le plan individuel : De l’aveu même du français il y a quelques semaines sur RMC, cette saison n’aura pas été sa meilleure. Une saison « décevante, avec beaucoup de petits pépins physiques ». Le normand aura réussi de meilleurs Play-offs sans pour autant permettre à son équipe de franchir l’obstacle Memphis. Des saisons à vivre dans une carrière pour continuer à progresser.
Son avenir : Jusqu’à la semaine dernière, on pensait que Nicolas Batum serait un joueur de Portland l’an prochain mais le français a été transféré à Charlotte juste avant la Draft, un défi intéressant avec de meilleures responsabilités en Caroline du Nord. Avant de penser à l’année prochaine, celui qui s’est entretenu physiquement aux côtés de Robert Emmiyan (champion d’Europe 1986 de saut en longueur) aura forcément les dents acérées en septembre prochain.
Nicolas Batum présentant son nouveau maillot pour l’an prochain, celui des Charlotte Hornets. Un nouveau départ pour le normand !
Nobel Boungou-Colo, Mickaël Gelabale, Adrien Moerman et Léo Westermann (Limoges) :
Leur saison sur le plan collectif : Champion en titre, Limoges est parvenu il y a une dizaine de jours à conserver son titre au terme d’une finale électrique face à Strasbourg. Avant le CSP, la dernière équipe à avoir gardé son titre était Pau-Orthez en 2003 et 2004, c’est dire la performance réalisée par le club dorénavant titré à 11 reprises. Une longue saison qui aura vu Limoges changer d’entraîneur au printemps, Jean-Marc Dupraz laissant son poste à Philippe Hervé. Dans les coupes, le CSP est tombé en demi-finale face au Portel en Coupe de France et en quarts de finale de la Leaders Cup face à Nanterre. Enfin, en Euroleague, le CSP n’est pas parvenu à franchir le cap du premier tour . Reversés en Eurocup, les limougeauds ont ensuite échoué lors de la seconde phase de poules.
Leur saison sur le plan individuel : Adrien Moerman est (avec De Colo) le français le plus constant de la saison. Élu MVP de la saison régulière, l’intérieur tricolore aura brillé toute la saison. Il termine avec 14,6 points, 8,7 rebonds et 2,4 assists en moyenne. Une saison qui lui aura valu une sélection dans les 24 de la pré-liste de Vincent Collet. Une convocation qu’il ne pourra malheureusement honorer, étant gravement blessé à la main depuis le match 2 des Finales. Nobel Boungou-Colo a également réalisé une bonne saison dans son rôle de scoreur. Si ses statistiques sont légèrement en-deçà de celles de la saison passée (13,1 points, 4,3 rebonds et 1,8 assists en moyenne), l’ailier aura réalisé une saison dans la lignée de la précédente. Il se sera également montré décisif lors des Play-Offs, et notamment lors de la finale face à la SIG. Léo Westermann aura lui connu une saison faite de hauts et de bas. Arrivé l’été dernier dans le Limousin, l’ex-joueur du Partizan (qui appartient à Barcelone) termine sa saison avec 5,4 points, 2,3 rebonds et 4,7 assists de moyenne. En difficulté (notamment sur le plan physique), l’alsacien aura eu du mal à s’adapter à la Pro A, un championnat qu’il juge « moins organisé, plus « fou-fou ». Je n’avais pas trop vu ça ces dernières années. J’ai tout fait pour m’adapter même si je ne peux pas cacher que ce n’est définitivement pas mon style de jeu. Ça n’a pas été facile. . Quant à Mickaël Gelabale, il aura connu deux clubs cette saison. D’abord à Strasbourg à l’automne, où l’international aux 123 capes en Bleu tournait à 7 points, 3,4 rebonds et 1,6 assists de moyenne. Au terme de son contrat d’un mois, Gelabale ne fut pas prolongé et terminait chez le rival, Limoges. Dans un rôle de remplaçant, le guadeloupéen est monté en puissance au cours de ses six mois dans le Limousin malgré un rendement jugé encore décevant. Il termine avec 6,4 points, 2,9 rebonds et 1 assist par match.
Leur avenir : On le sait déjà, Adrien Moerman ne sera plus au CSP l’an prochain. Il devrait s’engager à Banvit, en Turquie. Léo Westermann ne sait lui pas de quoi son avenir sera fait. Appartenant à Barcelone pour encore 2 saisons, il pourrait atterrir dans un club européen, mais pas en France. Nobel Boungou-Colo sera lui, sauf grosse surprise, toujours limougeaud l’an prochain. Quant à Mickaël Gelabale, en fin de contrat, il devrait rester en France et disposerait déjà de propositions. Mais avant ça, il sera avec les Bleus cet été pour tenter de décrocher une 5e médaille internationale après 2005, 2011, 2013 et 2014. Il sera ainsi le seul représentant du club champion de France.
Leur saison sur le plan collectif : En Liga ACB, Vitoria aura fait une saison avec des hauts et des bas. Après le changement d’entraîneur à l’automne, les basques auront remonté la pente grâce à une régularité retrouvée pour finalement terminer à la 6e place de la saison régulière. En Play-Offs, Vitoria aura perdu dès le premier tour face à Malaga. En Euroleague, les basques auront fait un parcours honorable, étant éliminés en fin de top 16.
Leur saison sur le plan individuel : Selon son propre aveu, Causeur joue actuellement le meilleur basket de sa carrière. Le brestois termine sa saison avec 10 points, 3 rebonds et 2 assists en moyenne par match dont quelques très belles performances : 22 points face à Canarias, 20 points face à Andorra, 25 points face à Séville. En Espagne depuis trois ans, le français semble atteindre la maturité dans son jeu et peut espérer devenir un élément majeur de son équipe l’an prochain. Quant à Kim Tillie, il aura été utilisé majoritairement en sortie de banc avec donc un temps de jeu de 19 minutes par match en moyenne. L’ex- villeurbannais termine avec 7 points, 4 rebonds et 1 assist en moyenne. Sur le site de l’ACB, Kim Tillie déclarait avoir bien fini sa saison grâce à une confiance retrouvée et une très bonne condition physique.
Leur avenir : Sous contrat à Vitoria pour un an (Causeur) et deux ans (Tillie), les deux français devraient toujours évoluer sous les couleurs du Caja Laboral la saison prochaine. Tous les deux présents dans la pré-liste des 16 de Vincent Collet, les deux compères essayeront de convaincre le sélectionneur, bien que leurs chances semblent minces.
Sa saison sur le plan collectif : Un titre de champion et une place au Final Four de l’Euroleague, tel est le bilan du CSKA Moscou cette saison. Pour la 13e fois consécutive, le club phare de la capitale a remporté le championnat au terme d’un cavalier seul, en saison régulière et en Play-offs. En Euroleague, après un très bon parcours (2 défaites en 24 matchs en phases de poules), les moscovites ont échoué en demi-finale face à l’Olympiakos.
Sa saison sur le plan individuel : Le nordiste a sûrement été (avec Moerman) le français le plus constant cette saison. Excellent dans son rôle de scoreur, l’ex-joueur de San Antonio et Toronto a été élu MVP de la saison de VTB League. Il termine avec 14,6 points, 3,5 rebonds et 3,3 assists par match avec plusieurs très grosses performances (28 points face à l’UNICS en janvier, 25 face au Khimki début février, 33 face à Volgograd en mars, 21 face à Talinn, 27 face à Novgorod fin avril). Une très bonne saison pour le retour en Europe de l’ex-valencian.
Son avenir : Pion essentiel de l’Équipe de France, De Colo essayera de mener les Bleus vers les sommets cet été chez lui, dans le Nord. L’an prochain, il tentera de faire aussi bien que cette saison au CSKA, avec sûrement l’ambition de monter sur le toit de l’Europe.
Nando De Colo posant fièrement avec le trophée de champion de Russie
Leur saison sur le plan collectif : Dans une Conférence Ouest au niveau très élevé, les Spurs auront connu une saison régulière mi-figue mi-raisin à cause, notamment, de plusieurs blessures et de méformes. Sixièmes à l’Ouest au terme d’une lutte à trois avec Houston et les Clippers, les texans auront chuté au premier tour des Play-offs face aux Clippers, au terme d’une série qui aurait sans doute mérité plus qu’un premier tour.
Leur saison sur le plan individuel : Tony Parker aura connu une saison compliquée et inédite pour lui, tronquée par les blessures qui ne l’ont pas lâché. Peinant à retrouver son niveau et son efficacité sur la durée, il termine tout de même avec 14,4 points, 1,9 rebonds et 4,9 assists de moyenne avec quelques belles sorties au compteur : 26 point contre les Clippers fin décembre, 21 contre Miami en février, 32 face à Chicago en mars, 31 face à Cleveland quelques jours plus tard, 27 face à Houston début avril. Amoindri durant les Play-offs, il n’aura pas pu aider son équipe à surmonter l’obstacle Clippers. Quant à Boris Diaw, il aura effectué une saison dans ses standards habituels (8,7 points, 4,3 rebonds et 2,9 assists par match en moyenne). Jamais absent ou presque (88 matchs disputés sur 89), son état de fraîcheur l’aura handicapé, notamment au cœur de l’hiver avant que notre « Babac » national ne reparte au charbon en mars et avril même si la saison aura pris fin plus tôt que prévu. Peut-être un mal pour un bien pour le président des JSA Bordeaux qui n’a pas eu beaucoup de vacances ces dernières années.
Leur avenir : Sous contrat avec les Spurs, les deux compères seront, sauf énorme surprise, toujours dans le Texas la saison prochaine Mais avant cela, ils auront à cœur de briller à domicile dans ce qui sera certainement leur avant-dernier été en Bleu. Et de décrocher le plus beau des métaux.
Sa saison sur le plan collectif : Orlando aura vécu une saison compliquée avec près de 70 % de défaites enregistrées. La saison d’Orlando avait pourtant plutôt bien débuté avant de se gâter progressivement à cause de différents problèmes dans le collectif (« Il y a eu pas mal de changements dans les rotations. Au niveau de l’alchimie, ce n’est pas super. C’est là que ça a commencé à dégringoler. Il n’y avait plus aucun rythme, aucun mouvement de balle. Ce n’est pas évident à vivre, beaucoup de joueurs sont frustrés. » déclarait l’ex-Nugget sur RMC il y a quelques temps). Au final, Orlando termine dans le bas de tableau de la Conférence Est, pourtant assez ouverte.
Sa saison sur le plan individuel : Arrivé de Denver l’été dernier, Evan Fournier aura connu des hauts et des bas pour sa première saison en Floride. En effet, on peut diviser sa saison en deux périodes. Les trois premiers mois où le tricolore aura brillé et réalisé de multiples belles performances (21 points face à Washington fin octobre, 20 face à Minnesota 10 jours plus tard, 24 face à Toronto, 28 face aux Knicks, etc). La deuxième partie à partir du mois de janvier où le natif du Val-de-Marne aura moins joué, à son grand désarroi, avec des prestations qui s’en sont ressentis (hormis 18 points un soir de février à Washington et en avril face à Toronto). Blessé à la hanche, il aura même manqué plusieurs semaines de compétition.
Son avenir : Après avoir récupéré 100 % de ses aptitudes physiques, Fournier sera à la lutte pour une place à l’Euro, même si son profil devrait lui permettre d’enfiler le maillot bleu en septembre. Puis viendra l’heure d’une deuxième saison en Floride, sauf surprise…
Sa saison sur le plan collectif : Engagé dans une Conférence Ouest au niveau très élevé, Utah a montré de belles choses avec un effectif jeune. Avec 38 victoires et 44 défaites, le Jazz termine en 11e place de la Conférence. Il y a fort à parier qu’il faudra compter sur la bande à Gobert l’an prochain dans la course aux Play-offs.
Sa saison sur le plan individuel : Après un début de saison où le choletais aura été plutôt discret, il a ensuite su tirer profit du trade d’Enes Kanter pour s’installer durablement dans le cinq majeur d’Utah. Et force est de constater que l’homme aux bras télescopiques a été la révélation française de cette saison. Auteur de quelques grosses performances comptables (18 rebonds à San Antonio en janvier, 24 à Memphis au début mars) et sur le plan du jeu, il aura même connu les joies d’une première sélection au All-Star Game, dans le Rising Star Challenge (où il a brillé). Quelque chose nous dit que ce ne sera pas la dernière, chez les grands cette fois.
Son avenir : Le français sera à Utah l’an prochain où il sera de nouveau un élément majeur. Mais avant cela, il sera à l’Euro pour défendre le titre tricolore obtenu il y a 2 ans. Au grand plaisir des frères Gasol. Et du nôtre.
Cette saison aura été synonyme de première apparition au All-Star Week-end pour Rudy Gobert. Pas la dernière ?